Étude en milieu judiciaire : 93 % des Maliens ne dénoncent pas les cas de corruption !

La cérémonie de lancement du rapport mis à jour de l’étude sur la corruption en milieu judiciaire s’est tenue ce mercredi 3 décembre 2025, au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). L’objectif était de présenter la version actualisée de cette étude portant sur la corruption dans le secteur judiciaire.

La cérémonie a été présidée par le ministre de la Justice, représenté par le Directeur général de l’ARGACS, Oumar TRAORÉ, une personnalité bien connue dans le domaine de la lutte contre la corruption.

La corruption est considérée comme la mère de tous les maux qu’un pays puisse connaître. Elle freine le développement et affaiblit les institutions. Le Mali en a longtemps souffert. Elle a détruit plusieurs chaînes de développement, d’où la détermination des autorités de la Transition à mener une lutte sans relâche contre ce fléau.

Le directeur-pays du projet LUCEG, Dramane Yacouba Diallo, a invité les associations et ONG engagées dans la lutte contre la corruption à se former sur les lois qui les protègent et à mieux connaître leurs droits. « Nous avons toujours dit à nos partenaires de chercher à connaître les textes qui régissent la lutte contre la corruption. C’est la meilleure manière de vous protéger avant toute dénonciation. Ne vous risquez pas, ne vous exposez pas ; il faut vraiment chercher à connaître les textes », a-t-il insisté.

Pour sa part, Oumar Traoré, représentant du ministre de la Justice, a rappelé que « cette étude est une continuité du projet JUPREC. Elle reflète la vision et l’opinion de la population. Le ministère de la Justice est pleinement engagé dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière, mais il ne peut agir seul. Il faut l’implication de tous. Les recommandations issues de ce rapport seront transmises aux structures compétentes pour contribuer à la poursuite d’une lutte implacable contre la corruption », a-t-il précisé.

Oumar Sènou, consultant principal au sein du cabinet Dafina Consulting, qui a réalisé l’étude dans différentes communes de Bamako, a précisé que 327 personnes ont été interviewées. Selon les résultats, 65 % des femmes et filles issues de milieux démunis sont victimes de corruption en milieu judiciaire. L’étude révèle également que 53 % des Bamakois ne connaissent pas les structures de lutte contre la corruption en dehors de l’OCLEI et du BVG. Elle souligne surtout que 93 % des Maliens ne dénoncent pas les cas de corruption. « Mettez-vous en réseau pour lutter efficacement contre la corruption. En étant dispersés, je ne crois pas que le combat pourra être gagné ; c’est une perte d’énergie », a-t-il recommandé.

Il convient de préciser que l’étude ne concernait que la ville de Bamako. Les usagers de la justice ne s’intéressent pas à la chaîne judiciaire que lorsqu’ils y sont directement confrontés. La corruption en milieu judiciaire touche l’ensemble du système et concerne tous les acteurs du domaine juridique.

Amadou Sala TOURE
www.groupelumiere.com

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