Alliance des États du Sahel : sommet de Bamako!

Après sa création en 2023 par les trois chefs d’État le général Assimi Goïta, le capitaine Ibrahim Traoré et le général Abdourahamane Tiani l’Alliance des États du Sahel (AES) a franchi une nouvelle étape en 2024 à Niamey avec la mise en place de la Confédération de l’AES. Cette dynamique s’est confirmée à Bamako à l’occasion de la tenue de la deuxième session du Collège des chefs d’État de la Confédération, organisée du 22 au 23 décembre 2025. Cette rencontre a permis d’évaluer le fonctionnement de l’AES et de définir de nouvelles perspectives.

Le sommet a réuni les dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso autour des questions de coopération régionale, de sécurité et de développement durable. Parmi les décisions majeures figure la mise en place d’une Banque confédérale pour l’investissement et le développement, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Cette institution financière vise à renforcer la souveraineté économique des États membres et à réduire leur dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Les chefs d’État ont, par ailleurs, dénoncé avec fermeté les ingérences étrangères et les tentatives de déstabilisation du continent africain. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des populations face au terrorisme et aux sabotages des institutions économiques.

Une autre avancée notable est l’inauguration de la télévision de la Confédération des États du Sahel (TV AES), destinée à promouvoir une souveraineté médiatique, à lutter contre la désinformation et à valoriser les narratifs locaux.

Des actions coordonnées pour améliorer la sécurité régionale et intensifier la lutte contre le terrorisme ont également été examinées. Les forces de défense des pays membres ont enregistré des succès significatifs contre les groupes armés. Les dirigeants ont appelé à une vigilance et une résilience accrue pour faire face aux défis sécuritaires et ont réaffirmé la nécessité de l’unité afin de stabiliser la région.

Un engagement fort en faveur du développement durable et de la souveraineté régionale a été exprimé tout au long de la session. Les présidents ont souligné l’importance de la collaboration, de la solidarité et du rapprochement des peuples du Sahel. Des moments de convivialité culturelle ont d’ailleurs ponctué la rencontre afin de renforcer les liens entre les populations des États membres.

Sur le plan international, la Confédération des États du Sahel entend adopter une posture proactive pour déconstruire les narratifs négatifs et défendre ses intérêts tout en promouvant sa propre vision à l’échelle mondiale.

En marge de ce 2ᵉ sommet du Collège des chefs d’État, le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition du Mali, a officiellement passé la présidence tournante de l’AES au capitaine Ibrahim Traoré, pour un mandat d’un an. Un geste symbolique fort, illustrant la volonté commune de progrès et de relèvement face aux défis contemporains.

Notre de rédaction a pris certaines réactions :

Pour Souleymane Balla Konaté, enseignant au Groupe scolaire Kabala B : « L’AES est une organisation récente qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Je salue cette alliance, déterminante sur le plan diplomatique, et je magnifie la volonté manifeste de résoudre les problèmes liés à la souveraineté économique et sécuritaire. Cette alliance va dans un sens bien indiqué : unir les forces pour faire face aux défis sécuritaires et économiques du Sahel. L’ouverture de la banque confédérale pour l’investissement et le développement constitue une opportunité majeure. Il appartient désormais aux peuples d’accompagner l’ambition de leurs dirigeants vers une économie stable. L’AES est une grande chance et une bénédiction pour les populations. Je vois un bel avenir dans cette convergence vers une communauté de destin commune, dans la paix, la dignité et la transparence ». Il a également salué l’inauguration de la télévision AES par les présidents du Mali, du Burkina Faso et du Niger comme un événement majeur du sommet.

De son côté, Amara Konaré, journaliste et activiste web, estime que : « L’Alliance des États du Sahel me rappelle certains modèles d’intégration comme l’ex-URSS. Le colonialisme a eu un impact négatif durable sur les peuples africains, et certaines formes persistent encore aujourd’hui. Les institutions de l’AES apparaissent innovantes et prometteuses, ouvrant la voie à une intégration plus large d’autres États africains ». Il conclut que l’intégration et la coopération entre les peuples partageant un même espace sont vitales pour l’avenir de ces États.

Cette confédération pourrait, à terme, évoluer vers une véritable fédération, avec la libre circulation des personnes et une identité commune, à l’image des États-Unis d’Amérique.

Par Kibili Demba Kouyaté Sèke-Si
Stagiaire – Journal Lumière Infos

www.groupelumiere.com

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