Le peuple malien face à l’épreuve : une remarquable capacité d’adaptation

Le peuple malien est un peuple résilient, capable de s’adapter avec courage et patience aux situations les plus difficiles. Malgré la persistance de la crise du carburant à Bamako et dans plusieurs autres localités du pays, les citoyens continuent de faire preuve de calme et de solidarité.

Pourtant, dans un passé récent, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, avait conclu un pacte avec les importateurs en vue d’éradiquer la crise du carburant, notamment à Bamako. Par ailleurs, les autorités avaient interdit l’utilisation de bidons au niveau des pompes de stations-service, afin de lutter contre la spéculation et la revente illicite.

À Moribabougou, précisément à la station-service Baraka Petroleum, le carburant est arrivé aux environs de 23 heures. Après une période d’observation destinée à stabiliser le produit, les équipes ont entamé les opérations techniques de mise à niveau des cuves. Avant le début du service, une dizaine de policiers étaient déployés pour organiser la circulation sur la piste de la station et faciliter le ravitaillement. Des jeunes arborant des gilets du Conseil national de la jeunesse (CNJ-Mali) étaient également présents pour appuyer l’organisation.

Les rangs ont été formés le long de la chaussée, mêlant voitures, motos et tricycles. Le camion-citerne a commencé le déchargement vers 1 heure du matin, et malgré l’heure tardive, de nombreux usagers étaient déjà sur place pour se ravitailler. La collaboration entre les policiers et les jeunes du CNJ s’est révélée sérieuse et efficace. Certains volontaires se sont même joints spontanément aux forces de l’ordre pour renforcer l’organisation.

Un ancien membre du CNJ-Mali, agissant comme principal organisateur sur le terrain, veillait strictement au respect des consignes : « Toute personne qui tentera de perturber l’ordre ne sera pas servie ici », a-t-il averti, insistant sur l’obéissance aux instructions de la hiérarchie. Il a également attiré l’attention sur certaines tentatives de discrédit, appelant à la vigilance face aux rumeurs et aux pratiques douteuses.

Il convient toutefois de rappeler que la crise du carburant est devenue, pour certains, un véritable fonds de commerce. Des individus cherchent à user de leur influence ou à manipuler les usagers à travers des propos mensongers, prétendant intervenir auprès des forces de sécurité ou décider arbitrairement de qui sera servi ou non. Ces comportements contribuent à alimenter la confusion et les tensions autour des stations-service.

Les pompistes ont commencé à servir les engins à partir de 2h20. Malgré le dispositif sécuritaire renforcé policiers, CNJ et autres services de sécurité la situation est restée tendue par moments, chacun cherchant à être servi en priorité. Cinq pompes, réparties de part et d’autre de la station, ont été mises en service pour accélérer le ravitaillement.

Oumar Diarra, chargé de communication du CNJ de Moribabougou, a expliqué : « Nous sommes là pour mieux organiser en accompagnant la police. Nous travaillons ensemble afin d’aider la population. »

Le gérant de la station a, pour sa part, précisé que les pompistes ayant débuté le service à 2 heures du matin poursuivraient le travail jusqu’à l’épuisement total du carburant déchargé. Il a également relaté un incident impliquant un individu se présentant comme procureur, qui souhaitait passer devant les autres usagers. Le gérant lui a fermement rappelé que le respect du rang s’imposait à tous, sans distinction. Malgré les menaces proférées, il a su se défendre avec calme et arguments solides, l’intéressé étant venu avec deux véhicules, dont celui de son épouse.

Selon un policier du commissariat de Moribabougou, toutes les dispositions sont prises pour assurer un service équitable et sans incident : « Nous sommes là pour la population. Tant qu’une station-service distribue du carburant, nous restons mobilisés », a-t-il affirmé.

Face à la persistance de la crise, il apparaît nécessaire que les autorités remettent la question de la rareté du carburant sur la table, comme cela avait été fait auparavant. Le pacte conclu avec les importateurs avait, en son temps, rapidement soulagé la population. Aujourd’hui, un changement d’approche s’impose pour mettre fin à cette situation.

Une mention spéciale revient au Bureau des Produits Pétroliers (BPP), dont les agents travaillent 24 heures sur 24 depuis le début de la crise. Ces femmes et ces hommes, engagés sans relâche, ont sacrifié leur repos pour contribuer à la gestion de cette période difficile.

Amadou Sala Touré

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