Éléments de réponse aux vœux de Maître Mountaga Cheick Tall à la presse

Très cher frère aîné,
Maître Mountaga Cheick Tall, alias Baba,

C’est avec une vive émotion et une légitime fierté que j’ai pris connaissance de vos traditionnels vœux du Nouvel An adressés à la presse, à travers les plateformes digitales et les médias.

En retour, en mon nom propre et au nom de l’ensemble des professionnels de l’information et de la communication, permettez-moi de vous adresser, à vous, à votre famille, à vos proches collaborateurs ainsi qu’à l’ensemble du peuple malien, nos vœux de santé, de réussite, de prospérité et de bonheur pour l’année 2026.

Cher aîné, vous avez fait le choix de vous exprimer à travers les canaux de l’information et de la communication de masse pour présenter vos vœux du Nouvel An à la presse.
La courtoisie et le respect dus à votre forte et haute personnalité nous obligent à vous apporter des éléments de réponse.

Je témoigne de la véracité des déclarations contenues dans votre message de vœux à la presse, déclarations qui, jusqu’ici, n’ont été contestées par personne. Vous êtes bel et bien le précurseur de la cérémonie républicaine de présentation des vœux à la presse.
Jeune reporter, j’ai couvert vos vœux à la presse dès l’an 2001, il y a exactement un quart de siècle. Je ne crois pas avoir manqué une seule édition de cette cérémonie depuis cette date jusqu’à nos jours.

Le destin a fait de moi celui qui reçoit vos vœux à la presse depuis l’année 2021 et qui y apporte les réponses, en ma qualité de Président de la Maison de la Presse.

C’est pour moi l’occasion de remercier l’ensemble des organisations professionnelles de la presse qui se sont toujours mobilisées pour ce rendez-vous majeur. Chaque fois, nous avons œuvré à assurer, au présidium, la représentation de tous les segments de la presse malienne.

Cher aîné, cette année est particulière. C’est précisément pour cette raison que vos vœux nous ont été présentés de manière particulière.

N’ayant pas pour habitude de justifier nos actions, il est néanmoins des circonstances où des explications s’imposent.
Notre posture actuelle ne relève ni de la peur, ni de la lâcheté, ni de la compromission, encore moins d’un silence complice ou coupable face à une situation exceptionnelle que traverse notre pays. Dieu le sait, et vous le savez également, pour avoir vu naître, grandir et évoluer le premier responsable de l’équipe dirigeante actuelle de la Maison de la Presse.

Aujourd’hui, dans le respect de la décision des hautes autorités de notre pays interdisant les rassemblements politiques dans les lieux publics, y compris la Maison de la Presse — première institution à avoir été sensibilisée sur les motivations de cette mesure gouvernementale, juste après le Conseil des ministres —, nous avons décidé d’être justes en refusant la salle à tous les acteurs politiques, sans exception :

  • soutiens affichés de la Transition ;
  • soutiens tacites à la Transition ;
  • opposants déclarés et affichés à la Transition ;
  • opposants passifs à la Transition ;
  • hommes de droit défendant une cause politique légitime ;
  • organisations dites de la société civile menant un combat politique avéré, etc.

Évidemment, ce choix a des conséquences économiques et financières pour la Maison de la Presse et pour les acteurs médiatiques.

Notre décision d’accepter et de faire appliquer cette mesure gouvernementale s’explique également par notre souci d’éviter des affrontements préjudiciables à la paix sociale, dans un contexte marqué par de multiples agressions dirigées contre le Mali :

  • des agressions médiatiques, avec leur corollaire de désinformation et de manipulation visant à ébranler le socle même de notre Nation ;
  • des agressions terroristes, avec leurs lourdes pertes en vies humaines et leurs dégâts matériels inestimables ;
  • des agressions diplomatiques cherchant à anéantir les efforts de paix et de développement.

Nous avons compris que le Mali, notre patrimoine commun, mérite que nous nous mobilisions pour son unité, sa stabilité et son avenir.

Cher aîné, les dix (10) vœux que vous avez formulés à l’endroit de la presse sont ceux d’un démocrate, d’un républicain et d’un homme profondément attaché à la liberté de la presse et à la liberté d’expression, des valeurs fondamentales appelées à triompher inéluctablement pour l’avènement d’un monde plus juste.

C’est sur ces mots que je voudrais vous réitérer, à vous, à vos proches et à toute la Nation malienne, mes vœux de bonne et heureuse année 2026.

Puisse Dieu protéger le Mali et inspirer tous les Maliens.

Je vous remercie.Bamako, le 3 février 2026
Le Président de la Maison de la Presse
El Hadj Bandiougou Danté
Chevalier de l’Ordre national

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