À l’approche de la future élection du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, le continent africain se retrouve à un tournant décisif. Dans un contexte marqué par des enjeux géopolitiques majeurs, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une candidature africaine forte, crédible et consensuelle.
Parmi les personnalités citées figure la Nigériane Amina Mohammed, actuelle Vice-Secrétaire générale de l’ONU depuis février 2017. Forte de près d’une décennie d’expérience au sommet du système onusien, elle apparaît, pour de nombreux observateurs, comme l’une des figures les mieux placées pour porter les ambitions du continent sur la scène internationale.
Cependant, certaines analyses évoquent l’existence de rivalités d’influence autour de cette élection stratégique. Selon ces points de vue, des cercles diplomatiques français soutiendraient la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall, récemment désigné « Envoyé spécial et président du comité de suivi du Pacte de Paris pour la planète et les peuples » par le président français Emmanuel Macron en novembre 2023.
Cette nomination est interprétée par certains comme un signal de proximité politique, suscitant des interrogations sur l’indépendance d’une éventuelle candidature africaine portée par Macky Sall.
L’enjeu de l’expérience multilatérale
L’histoire de l’ONU montre que la maîtrise des rouages du système multilatéral constitue un atout majeur. L’exemple de l’ancien Secrétaire général Kofi Annan, dont le parcours s’est construit au sein même des Nations unies, reste souvent cité comme une référence.
Dans cette perspective, Amina Mohammed dispose d’un avantage certain, grâce à son expérience directe dans les hautes sphères onusiennes. À l’inverse, certains analystes s’interrogent sur le profil de Macky Sall, estimant que l’expérience d’ancien chef d’État ne suffit pas, à elle seule, à garantir une gestion efficace de la diplomatie multilatérale.
Un débat sensible au sein du continent
Le débat autour d’une éventuelle candidature africaine ne manque pas de susciter des réactions, notamment au Sénégal, pays qui a historiquement vu plusieurs de ses ressortissants briller à la tête d’institutions internationales. Des figures telles que Ahmadou Makhtar M’Bow à l’UNESCO ou Jacques Diouf à la FAO ont marqué leur époque par leur leadership et leur expertise.
Ces exemples nourrissent aujourd’hui une réflexion plus large sur les critères de sélection d’un candidat africain : compétence, expérience internationale, crédibilité et capacité à fédérer.
Entre souveraineté et influences extérieures
Plus largement, cette élection ravive le débat sur l’influence des puissances étrangères en Afrique. Certains observateurs dénoncent une persistance de stratégies d’influence, notamment à travers des réseaux politiques et économiques, susceptibles d’orienter les choix du continent.
Des questions telles que le rôle de la CEDEAO, l’avenir du franc CFA ou encore les retards dans la mise en place d’une monnaie unique ouest-africaine sont régulièrement citées comme des exemples des défis liés à la souveraineté africaine.
Quel candidat pour l’Afrique ?
Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à une approche lucide et stratégique. Pour ces analystes, l’Afrique doit privilégier un candidat capable de défendre ses intérêts avec indépendance et crédibilité sur la scène internationale.
Amina Mohammed apparaît, pour certains, comme une option solide. Toutefois, le débat reste ouvert et souligne une réalité essentielle : le continent dispose de nombreuses compétences capables d’assumer de hautes responsabilités internationales.
L’enjeu, désormais, est de faire un choix éclairé, à la hauteur des ambitions africaines.
Rédaction du groupe Lumière