À quelques heures de la rentrée scolaire 2025-2026, les écoles maliennes font face à des défis majeurs, manque d’enseignants, des infrastructures dégradées, s’ajoutant des difficultés financières des familles. Malgré ces obstacles, enseignants et directeurs redoublent d’efforts pour offrir aux élèves une année scolaire digne et apaisée. A cette occasion, les écoles sont mobilisées malgré les maigres moyens.
À l’école Sébé 2, Kalifa Keïta, coordonnateur du second cycle, raconte les préparatifs “ Nous avons nettoyé les classes, rénové les tableaux et installé des dispositifs d’hygiène sur fonds propres pour préparer la rentrée. Mais les défis restent immenses : toitures dégradées, manque d’enseignants et mobilier insuffisant ”. Avant de souligner l’urgence d’un soutien étatique, même limité, et insiste sur la nécessité d’un personnel suffisant pour encadrer près de 700 élève “ Nous voulons également un partenariat avec la mairie pour résoudre les perturbations causées par certains jeunes afin de garantir une année scolaire apaisée ”, a-t-il déclaré. Les grèves des enseignants, le manque des infrastructures et l’insécurité sont présentes, a conclu Mr Keïta.
Pour Ousmane Touré, directeur de la même école, la rentrée se déroule dans un contexte tendu “ La rentrée est difficile à cause de la grève des enseignants et de l’état dégradé de certaines écoles. Dans plusieurs établissements, l’accès des élèves est compliqué par les flaques d’eau ”, a-t-il indiqué.
Si Bamako reste relativement calme, certaines zones demeurent sensibles. Malgré la démotivation liée aux retards de salaires et aux conditions difficiles, son engagement reste total “ Les enfants sont nos enfants. On ne peut pas baisser les bras. Nous continuerons à les encadrer malgré les obstacles ”.
Ainsi la solidarité face aux familles fragilisées est accordée.
À Sébénikoro, Djibril Diarra, directeur de l’école privée Ibrahima Ly, met en avant la faible implication de certains parents “ Beaucoup de parents attendent le jour même de la rentrée pour inscrire leurs enfants. Cette situation complique l’organisation et affecte la qualité des cours ”, a souligné le directeur.
Donc pour soutenir les familles, son établissement réduit les frais. Il propose des paiements échelonnés et même de prendre en charge certains orphelins “ Nous faisons tout pour que chaque enfant ait accès à l’éducation, même dans un contexte marqué par de fortes contraintes ”, a-t-il assuré.
Il faut également noter que dans le cercle de Bamba, région de Gao, les élèves ont repris le chemin de l’école malgré le contexte difficile et manque des infrastructures adaptées. À Bamba comme dans plusieurs localités des régions du Nord et du Centre certains établissements scolaires ont des sérieux problèmes en terme des infrastructures et du personnel enseignant.
Une rentrée sous le signe de l’engagement, malgré les défis matériels et humains, la rentrée 2025-2026 se déroule sur toute l’étendue du territoire national. Grâce à la détermination des administrations scolaires, les autorités de l’Etat sans oublier les efforts consentis des écoles à l’endroit des enfants issus des familles indigènes.
Il faut rappeler qu’entre sacrifices et initiatives locales, la communauté éducative montre sa capacité à surmonter les obstacles. Reste à savoir si l’État répondra aux besoins cruciaux pour que chaque élève puisse non seulement débuter mais aussi réussir pleinement l’année en vigueur.
Mahamadou BARRY, stagiaire