Le manque de carburant doit unir les Maliens et non les désunir. Il doit être un facteur qui va pousser les Maliens à faire une solidarité absolue qui faisait partie de nos valeurs ancestrales. Donc, Bamako a donné le ton, autres côtés du Mali. Le moment est venu pour reprendre ces valeurs d’entente, dont de solidarité, dignité, entreaide, etc. Moi, j’ai vu un militaire en route de Moribabougou, qui prend les gens deux par deux sur sa moto pour les déposer à destination. Lui aussi est en train de réaliser cette valeur ancestrale.
Cependant, moi-même, j’ai fait deux nuits sur la route de Moribabougou, suivant certains prioritaires de voiture ou des motocyclistes qui m’ont pris pour me déposer. Je n’ai rien payé. Donc, cette situation du carburant que les commanditaires pensent qu’ils pourront pousser les populations contre les autorités de la transition. Elle a créé une résilience absolue et une solidarité formidable chez les Maliens.
Les jeunes du Conseil national de la jeunesse se sont mobilisés autour des stations-services pour mieux organiser. Ils sont accompagnés dans cette organisation par les porteurs d’uniformes. Ils font suivant une organisation préfète. Les autorités ont mis les bus sur certains axes pour faciliter l’aller-retour. Ces bus prennent les gens au même prix que les Sotrama. Les transports en commun du nom de Sotrama ont plombé le prix, les mototaxis également et même les taxis. Les Maliens ont fait recours à nos valeurs, dont la solidarité.
En conclusion, je veux dire très clairement aux autorités que cette résilience du peuple malien de payer sans aucune résignation quelconque. Cette résilience doit être bien payée. Il faut qu’après cette résilience le peuple sente un changement radical et propre. Nous ne voulons plus reculer et jamais reculer. Cette situation ne veut dire à cette population qui a accepté. Nous sommes un peuple digne et honnête.
Amadou Sala TOURE