MALI-édition 2025 : 16 jours d’activisme contre les VBG

Placée sous le thème : « Corruption et VBG : un double frein à l’autonomisation des femmes et des filles », la cérémonie de lancement des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), édition 2025, s’est tenue à Kalaban-Coro, ce samedi 6 décembre 2025. L’événement a été organisé par la Communauté de Pratique en matière de Lutte contre la Corruption au Mali (CPLC) et le Réseau National des Jeunes Filles et Femmes Rurales du Mali (RENAJFERM).

La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, représentée par Mme Diakité Ouleymatou Sow. Elle était accompagnée du sous-préfet de l’arrondissement de Kalaban-Coro, ainsi que de Mme Mariam Diama Sanogo, présidente de la CPLC, et Mme Salimata Konaté, présidente du RENAJFERM.

Des appels forts pour une lutte sincère et collective, « Une lutte se gagne lorsque chacun fait sa part avec sincérité », a déclaré Mme Salimata Konaté, qui a exhorté les autorités à accompagner davantage les femmes et toutes les organisations engagées contre la corruption et les VBG.

Pour sa part, Mme Mariam Diama Sanogo a rappelé les conséquences multiples des violences faites aux femmes et aux filles : « Elles ont des effets néfastes sur la santé physique et mentale, ainsi que sur les capacités d’action, de développement personnel, familial et local, sans oublier leur autonomisation », a-t-elle martelé.

Un rappel du contexte historique, la représentante du ministère a rappelé l’origine de cette campagne mondiale : « Depuis 1991, lors du premier Institut international pour le leadership des femmes, la campagne des 16 jours d’activisme a été lancée. Notre pays poursuit la lutte. L’objectif est d’éliminer les violences basées sur le genre. Nous œuvrons sans relâche pour atteindre le zéro VBG au Mali », a conclu Mme Diakité Ouleymatou Sow.

Corruption et VBG : un lien souvent ignoré, Paneliste de la cérémonie, Mme Diakité Mariam Seck, spécialiste en genre et violences basées sur le genre, a expliqué le lien étroit entre corruption et VBG. « La corruption est une magouille qui peut détruire toute une vie. Elle accompagne souvent la VBG, notamment dans certains mariages où une fille est donnée en échange de richesse ou d’avantages matériels. C’est une forme de corruption », a-t-elle illustré.

Le président de la société civile de Kalaban-Coro et cadre de l’ONU Femmes, M. Lamine Coulibaly, a également souligné que la corruption sévit dans plusieurs structures administratives. « La corruption est une violence exercée sur les personnes vulnérables, en raison de leur sexe, leur ethnie ou leur statut social. Elle se manifeste dans les mairies, les services de police, les hôpitaux, etc. Moi-même, j’ai dû payer plus de 85 000 FCFA pour l’accouchement de ma femme, alors que tout était déjà noté. Oui, la corruption, c’est aussi de la VBG », a-t-il témoigné.

Les participants ont unanimement appelé à une lutte acharnée contre la corruption et les VBG, deux phénomènes qui freinent gravement le développement humain et social. Plus de soixante ans après l’indépendance, les États africains continuent de souffrir des dérives liées à la corruption, notamment chez certains décideurs publics.

Amadou Sala TOURE
www.groupelumiere.com

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