La deuxième session du Collège des chefs d’État de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), tenue à Bamako, a été marquée par une mauvaise gestion, voire une mauvaise distribution des badges de couverture médiatique par le Centre d’Information Gouvernementale du Mali (CIGMA).
Selon une interlocutrice du CIGMA, la sélection des demandes d’accréditation aurait été faite directement par Koulouba. Toutefois, nous avons simplement voulu connaître les critères de sélection, afin de comprendre pourquoi certaines demandes ont été acceptées et d’autres rejetées.
Une chose est sûre : tous les vidéomens de Bamako ont reçu des badges de presse. Les badges portent pourtant clairement la mention « Presse ». Après enquête, il ressort que plusieurs journalistes professionnels, ayant régulièrement déposé leurs demandes auprès du CIGMA, n’ont reçu aucun badge.
Plus étonnant encore, dans la nuit du 21 au 22 décembre 2025, plusieurs vidéomens ont publié sur Facebook leurs badges de presse. La question se pose alors : qui les a sélectionnés à la place des journalistes ?
Selon nos informations, un seul vidéomans, tristement connu pour ses mensonges sur les réseaux sociaux, aurait retiré l’ensemble des badges au nom de tous les vidéomens « bénéficiaires ». Pendant ce temps, du côté de la presse classique, aucune faîtière n’a levé le doigt pour défendre les journalistes ou faciliter leur accès aux badges afin d’assurer la couverture de cet événement d’envergure.
Ils ont attribué les badges de presse aux vidéomens, tout en demandant aux journalistes de se taire, alors même qu’un appel à candidatures avait été lancé. Cette situation sélective et malsaine mérite d’être dénoncée. Si tout était préparé à l’avance, selon des pratiques bien connues, pourquoi demander aux journalistes de déposer des dossiers d’accréditation ?
Il convient également de signaler que, depuis jeudi, nous avons été informés que certaines demandes auraient été purement et simplement jetées sur la table au CIGMA, sans même être examinées, encore moins officiellement rejetées.
Nous sommes des patriotes. Personne n’est plus patriote que nous. Nous avons défendu ce pays sans rien recevoir, pendant que des millions sont accordés à d’autres. Le rôle des journalistes est aujourd’hui retiré aux journalistes pour être confié aux vidéomens.
Nous ne pouvons plus continuer à nous taire face à de telles pratiques. Nous avons investi des millions dans les écoles de journalisme. Nous ne connaissons pas d’autre métier que celui-ci, que nous exerçons jour et nuit. Nous refusons d’être remplacés par des personnes qui ne maîtrisent ni l’éthique ni la déontologie journalistique, simplement parce qu’elles diffusent des propos qui plaisent à certains.
Le journalisme, c’est avant tout le terrain. C’est précisément pour cette raison que nous voulions être présents sur le terrain, mais cela nous a été refusé au profit des vidéomens.
Amadou Sala Touré
Journaliste de terrain