CPLC : « La corruption est un poison », dixit Mariam Diama Sanogo

Sous le thème : « Les réformes de la justice dans le domaine de la lutte contre la corruption au Mali », la Communauté de pratique en matière de lutte contre la corruption (CPLC) a célébré la Journée internationale de lutte contre la corruption, le 9 décembre, comme partout dans le monde.

La cérémonie a enregistré la présence d’un présidium composé de la présidente de la CPLC, Mme Mariam Diama Sanogo, du Directeur pays du projet LUCEG, Dramane Yacouba Diallo, du représentant de la Commune IV, Mamadou Guindo, ainsi que du représentant du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahim Berté.
À cette occasion, la CPLC a organisé une conférence-débat autour du thème central portant sur les réformes judiciaires dans la lutte contre la corruption au Mali.

La corruption a été unanimement qualifiée de mal profond, comparable à un virus ou à une maladie grave, qui a fortement freiné le développement socio-économique du pays ces dernières années.

Prenant la parole, le représentant de la délégation spéciale de la Commune IV, Mamadou Guindo, a assuré que sa collectivité territoriale s’engagera pleinement à accompagner les organisations de la société civile œuvrant dans la lutte contre la corruption.

Il a été rappelé que la société civile joue un rôle fondamental dans le renforcement de la gouvernance participative et de la responsabilité publique. Cette dynamique est d’ailleurs consolidée par la Constitution malienne adoptée le 22 juillet 2023, qui réaffirme la participation citoyenne comme socle d’une action publique transparente et efficace.

Dans son intervention, la présidente de la CPLC, Mme Mariam Diama Sanogo, a souligné que la lutte contre la corruption nécessite des femmes et des hommes désintéressés, engagés et intègres. Très active sur les fronts de la défense des droits de l’Homme et de la lutte anticorruption, elle a déclaré : « La corruption est un phénomène complexe qui touche tous les pays. Elle fragilise la justice, freine le développement économique, crée la marginalisation et constitue un danger sérieux pour la paix ».
Avant de qualifier la corruption de « poison » pour la société.

Pour l’édition 2025, le thème mondial retenu est : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain », un thème également adopté au niveau national.
Selon les intervenants, bien que connue de tous, la corruption continue de freiner le développement du Mali, malgré les efforts engagés pour l’éradiquer.

Chaque année, la CPLC organise des activités de sensibilisation à travers conférences, panels et ateliers. Pour cette 32ᵉ édition, l’objectif visé est de : « Offrir un cadre de dialogue interactif sur la lutte contre la corruption et les réformes en cours dans le secteur de la justice, avec les femmes, les jeunes, les structures étatiques, les départements en charge des droits de l’Homme, les journalistes et les universitaires »,
a indiqué Mme Sanogo.

De son côté, Dramane Y. Diallo a précisé que le thème retenu correspond parfaitement à la mission du projet LUCEG, rappelant que la corruption affaiblit les institutions, creuse les inégalités et touche particulièrement les femmes, les filles, les groupes vulnérables et surtout la jeunesse malienne.

Quant au représentant du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahim Berté, il a annoncé que la corruption est désormais imprescriptible au Mali, précisant que toute personne reconnue coupable de faits de corruption ne pourra plus échapper à la justice.

L’atelier, modéré par Mme Djeneba Bagaya, a réuni comme panélistes Me Makan Diallo, avocat au Barreau du Mali et de la France, ainsi que Dr Belco Togo, spécialiste des droits de l’Homme. Les échanges ont été ponctués de questions-réponses enrichissantes sur les mécanismes de lutte contre la corruption.

Amadou Sala Touré
Journal Lumière Infos
www.groupelumiere.com

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